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PMA : mon parcours entre espoir, traitements et désir de vie

7 mai 2026

Un premier bilan de fertilité en Espagne

Lorsque je suis arrivée en consultation pour un bilan de fertilité pour la toute première fois, c’était à Bilbao. La loi de 2021 sur la préservation des ovocytes n’était pas encore votée en France. J’étais célibataire.

J’ai donc entrepris cette démarche en Espagne. Pour des raisons d’inadéquation avec les valeurs trop mercantiles de la clinique, je n’ai pas souhaité poursuivre avec l’Espagne et j’ai donc recommencé tout le processus depuis le début à la clinique Belharra de Bayonne, cette fois-ci avec mon conjoint.

La question de l’âge et de la fertilité

Dès les premières questions de ma gynécologue, le sujet de l’âge a surgi. J’avais 38 ans. J’étais bien sûr au courant du fait que la fertilité des femmes est supposée tomber en chute libre dès l’âge de 35 ans.

Je connaissais ma réserve ovarienne car j’avais déjà fait des examens à l’âge de 33 ans à l’hôpital de Valence, et il se trouve que le nombre de mes follicules était plus élevé à 38 ans qu’à 33. Ma fertilité semblait faire fi des statistiques et, au contraire, augmenter avec l’âge.

Les traitements et leurs épreuves

Je me suis donc lancée dans les traitements, avec le soutien indéfectible de mon mari qui, tous les soirs au moment des injections, me soutenait physiquement et moralement. Je suis allée tous les jours ou presque à la clinique pour suivre la maturation de mes ovocytes grâce à un monitoring (échographies endo-vaginales qui permettent de mesurer le nombre et la taille des follicules) et réaliser des prises de sang pour mesurer le taux d’œstrogènes qui monte en flèche avec les stimulations.

J’ai connu les échecs de stimulation et les hyperstimulations avec arrêt brutal du traitement, la chute hormonale qui s’ensuit, la déception et la déprime frappant comme un éclair en pleine nuit. J’ai connu « l’échappement », c’est-à-dire l’ovulation non contrôlée après 5 jours de stimulation. À ce moment-là, les traitements doivent absolument être suspendus pour ne pas endommager les ovaires. Il faut alors attendre l’arrivée des règles et recommencer au cycle d’après.

La ponction et les embryons : une nouvelle espérance

Le 8 septembre 2025, la ponction a mené au prélèvement de 17 ovocytes. Ils ont tous été fécondés et 7 d’entre eux ont donné des embryons matures qui ont pu être congelés à J5, c’est-à-dire 5 jours après la fécondation in vitro. Je me souviendrai éternellement de l’appel matinal du biologiste très enthousiaste, presque euphorique, pour me dire que mon mari et moi « avions bien bossé ».

L’intervention de la ponction ayant été très douloureuse (ça n’avait pas du tout été le cas à Bilbao 5 ans plus tôt), j’ai eu besoin d’un mois de repos avant de pouvoir imaginer une autre intrusion dans mon utérus. La sensation d’une vague de spasmes géants s’élevant du périnée au diaphragme a duré des jours.

Le transfert d’embryon et l’attente

Le 12 novembre, le laboratoire m’a téléphoné pour me dire que le premier embryon décongelé se portait très bien et qu’il fallait que je me rende à la clinique l’après-midi même pour le transfert. La gynécologue a donné la sonde échographique au futur papa afin de bien placer l’embryon dans l’utérus.

Puis, il a fallu attendre vingt jours. Vingt longs jours de prières, de pleurs, de questionnements au sujet de ce que j’allais faire de cette vie si l’implantation ne fonctionnait pas. La question centrale qui m’occupait durant tout ce parcours se résumait à celle-ci : « Est-ce que je mérite la vie si je n’arrive pas à la donner ? » Je sais que c’est un peu dur, mais cette infertilité me faisait me sentir indigne de l’existence. Je dois dire que la foi m’a beaucoup aidée.

Le 24 novembre 2025 : je suis enceinte

Vingt jours plus tard, la secrétaire très sympathique du service PMA me téléphone. L’appel tombe parfaitement entre deux de mes consultations matinales. Nous avions prévu avec mon mari de nous retrouver le soir pour ouvrir les résultats ensemble, mais son « je vous appelle pour vous donner la marche à suivre suite aux résultats » m’a plongée dans l’impossibilité de résister. Elle m’annonce alors, à ma demande, que le taux de bêta-hCG est bien monté. Je suis enceinte. Fourmillements dans les jambes, palpitations du cœur, immense joie à l’intérieur. J’ai du mal à y croire, à réaliser. J’appelle tout de suite mon mari, qui, submergé par l’émotion, se déboîte le genou l’après-midi même dans un cours de boxe. Nous sommes sonnés. La vie a enfin répondu positivement à notre immense envie de devenir parents. C’était le 24 novembre 2025.

Puis s’est déroulé le grand bal des dosages des bêta-hCG, la gonadotrophine chorionique humaine sécrétée par le corps de la femme enceinte. Il faut qu’il monte et continue de monter pendant 7 jours. Le mien tenait la barre.

La première échographie : la vie avant la forme

La première échographie arrive. Ce jour est gravé en moi pour l’éternité. Évidemment, parce qu’elle confirme la grossesse évolutive, mais aussi parce que je découvre que le cœur du fœtus bat avant même que l’organe ne prenne forme. Sur l’échographie, c’est un petit pois noir que l’on observe, mais ce pois vibre, pulse une petite lumière électrique qui correspond au rythme de ses battements. La vie est là avant même qu’elle ne prenne forme.

C’est cette magie qui m’émeut, qui fait couler une petite larme au coin de nos yeux. La vie a enfin trouvé mon ventre accueillant et y a établi sa demeure. Je peux enfin regarder mon sentiment d’indignité en face et lui dire au revoir. Je peux enfin me relier aux autres femmes de la planète et intégrer ma capacité à enfanter.

La suite : la grossesse et ses aléas

Dans un prochain article de blog, je raconterai la grossesse et ses aléas : les insomnies, la progestérone à insérer en capsules vaginales matin et soir, les saignements liés aux mouvements internes de l’utérus qui me terrifient et me font courir d’urgence à l’hôpital, les premiers mouvements du bébé, la rencontre avec le grand mystère de la vie qui grandit à l’intérieur.

Je raconterai aussi les premières mains étrangères posées sur mon ventre et les émotions (pas toujours agréables) que cela fait naître. Je raconterai tout. Parce que ce parcours est immense, un chemin d’engagement pour la vie, et je souhaite le partager au plus grand nombre.

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